Le lexique de l’école de chant Magrini

petit dictionnaire des cours de chant de l'école de chant magrini

A la demande d’une élève, j’ai rédigé un petit lexique des termes communément utilisés en cours de chant. Je me suis bien amusée à mettre à l’écrit tous ces concepts et ces idées, certains sont des termes musicaux, d’autres des termes du jargon des profs de chants, et d’autres encore sont de notre invention, alors ça mérite quelques explications !

Je suis sûre que vous allez découvrir des choses …  Si vous trouvez qu’il manque des mots à mon mini -dictionnaire des cours de chant, faites-le moi savoir en commentaire !

 

A capella : chanter sans être accompagné par un instrument (comme « à la chapelle » étymologiquement, et non pas comme une chèvre!)

Accroche : En chantant il y a deux points d’accroche importants: le périnée (accroche dans le gros résonateur) et dans le triangle formé par les deux pommettes et le centre du front. C’est quand la voix a bien trouvé ces deux accroches qu’elle peut sonner libre et sans contrainte !

Ancrage : Si l’énergie du corps est flottante, la voix va donner l’impression de flotter. Une voix bien ancrée prend toute son ampleur, et pour cela il faut travailler l’ancrage du corps. Vous pouvez faire des exercices spécifiques, ou vous aider avec des exercices de yoga, tai-chi ou chi-qong. En tout cas, il est impossible de faire l’impasse sur l’ancrage dans le chant, ça a une énorme influence sur votre son, mais aussi sur la façon dont vous allez vous percevoir (et comment le public va vous percevoir), et finalement, ça va jouer sur votre confiance en vous.

Ambitus : Toutes les notes qui vous sont confortables à chanter. (La tessiture est plus large … c’est pas parce qu’on arrive à taper le contre-ut en vocalise qu’on va pour autant le chanter dans une chanson)

Appui : Energie ciel-terre qui vient garder la voix ancrée au plus bas du corps.

Bilan vocal :Un bilan vocal, c’est comme une visite chez le mécano pour votre voiture, sauf que c’est pour votre voix ! C’est là où un expert examine toutes les pièces de votre moteur vocal, vérifie si tout fonctionne correctement et vous dit comment optimiser vos performances, quoi travailler pour progresser, par quoi commencer …

Bourdon : Note tenue par une personne ou un groupe de personnes pendant que les autres chanteurs chantent une mélodie. On peut faire des bourdons dans les chants anciens, médiévaux ou certaines musiques traditionnelles. On l’appelle parfois le drone (du mot anglais) Tout un morceau peut ainsi être chanté sur une seule note, voire 2 ou 3. Cela paraît simple, mais il est très difficile de tenir la justesse dans un bourdon ! Il faut être très entraîné, avoir une bonne technique de respiration et un soutien en béton armé ! Le plus souvent le bourdon est chanté sur une note grave, mais de temps en temps, pourquoi pas, on peut faire un bourdon aigu (et non, on n’appelle pas ça une abeille.)

Canto con caja : Chant traditionnel des Andes qui prends ses origines dans les chants pré-colombiens. Ça se chante à une ou deux voix, accompagné de la caja, intrument de percussion traditionnel et rituel. On retrouve ce style au nord de l’Argentine, le sud de la Bolivie, et au nord du Chili. Les chants peuvent être en espagnol, en quichua ou en quechua. Il y a beaucoup de formes musicales possibles, plus ou moins anciennes : la copla, la vidala, la tonada, la baguala… C’est un chant de tradition orale, sacré, rituel et festif. Je me forme et j’enseigne le canto don caja depuis 2018.

Chant diphonique : L’art de faire deux sons en même temps dans les traditions Tuva de Mongolie et de Russie. On retrouve ce type de chant dans de nombreuses cultures chamaniques et dans des sons de soin. Ça m’arrive d’en proposer en chant intuitif dans l’optique de travailler les harmoniques.

Chant grégorien : Chant sacré monophonique, a capella, en latin, lié au culte catholique. Les premières traces écrites datent du IX ème siècle, son apogée tourne autour du XIIIème siècle, il a connu un déclin à l’époque baroque où on l’appelait le plain-chant (oui, plain, comme en anglais, qui veut dire simple). Il a failli disparaître après la Révolution, puis il renaît de ses cendres grâce au travail musicologique des moines de Solesme. Aujourd’hui on peut l’entendre dans de nombreux monastères, chanté aussi bien par des hommes que par des femmes. En tant qu’interprète, nous avons le choix de chanter à la manière de Solesme, ou bien un peu plus ornementé, à la manière médiévale. Personnellement j’apprécie les deux, et je chante l’un comme l’autre. Le nom grégorien a été choisi en l’honneur du Pape Grégoire (Vème siècle) mais il n’en est pas l’inventeur, c’est juste un hommage !

Chant intuitif : Il y a autant de chants intuitifs que de praticiens. Pour ma part, il s’agit de libérer et développer sa voix en suivant ses sensations plutôt qu’uniquement les exercices de technique vocale. J’ai développer de nombreux exercices et expérimentation de chant. J’associe souvent les tambour et le Do In à la pratique de chant intuitif, ça me permet de travailler la voix différement et c’est très complémentaire de la technique vocale, que j’adore aussi.

Da capo : C’est un terme qui vient de l’univers de la musique baroque. Dans une forme musicale ABA’, c’est le A’, c’est à dire la reprise. MAIS : il faut ornementer la reprise et absolument jamais chanter deux fois la même chose. On peut recomposer la mélodie selon les règles de l’esthétique baroque, ou improviser, à vos risques et périls ! Du temps de Vivaldi, les da capi étaient improvisés et un chanteur qui aurait chanté deux fois le même se serait fait huer par le public ! Mais enfin, à l’époque, on ne pratiquait qu’un seul style de musique, ça aide pour devenir expert !

Degrés :En musique, les degrés font référence aux différentes notes d’une gamme, en partant de la tonique (ou la première note de la gamme) jusqu’à l’octave supérieure. La tonique est considérée comme le premier degré, et chaque note suivante reçoit un numéro correspondant à sa position dans la gamme. Par exemple, dans la gamme de Do majeur, Do serait le premier degré, Ré le deuxième degré, Mi le troisième, et ainsi de suite jusqu’à l’octave, qui est le huitième degré, identique à la tonique mais à une fréquence deux fois plus élevée.

Désinence :En musique, la désinence est la partie finale d’une phrase musicale. C’est le moment où la tension musicale se résout, apportant ainsi une conclusion à la séquence mélodique. Une désinence se chante donc en posant délicatement la voix, et non pas comme si on écrasait un cafard avec son talon !

Dézombification : Terme inventé par Matias et Lisa pour l’école de chant Magrini. Cela veut dire sortir de l’état de déconnexion (état de zombie, qui est animé, sans pour autant être vraiment vivant).

Diaphragme : muscle qui sépare le thorax de l’abdomen et qui est impliqué dans la respiration et la gestion des émotions. On ne peut pas contrôler directement le diaphragme, mais nous pouvons l’influencer grâce aux muscles auxquels il est attaché. Il ressemble un peu à une ombrelle.

Echauffement : Arrêter d’oublier de vous chauffer la voix avant de chanter ! C’est important ! Idéalement, il faudrait prendre un temps pour réveiller le corps, la respiration, le soutien, puis faire des vocalises adaptées à la situation, c’est à dire au répertoire qu’on va chanter ensuite. En chorale, je prends 15 à 20 minutes pour chauffer la voix, en stage je prends une heure pour le réveil corporel et vocal. Dans ma pratique personnelle, ça dépend des jours. SI je chante tous les jours, je n’ai pas vraiment besoin de faire une longue chauffe vocale. Par contre après une longue période sans chanter, il faut vraiment prendre le temps !

Energie vitale voir Ki

Glissando : Façon de faire glisser la voix sans qu’elle s’arrête sur une note en particulier. C’est un très bon exercice pour se chauffer la voix et vérifier la santé vocale, mais on ne l’utilise plus pour chanter des chansons car ça donne une esthétique un peu vieillie.

Harmoniques : Les harmoniques sont comme les reflets colorés d’un diamant, ils enrichissent et amplifient le son de manière subtile. Lorsque vous jouez une note sur un instrument ou chantez, vous ne produisez pas seulement une seule fréquence sonore, mais une multitude de fréquences supplémentaires appelées harmoniques. Ces harmoniques se déploient comme une série d’échos plus légers et plus aigus de la note principale, donnant au son sa texture et sa richesse caractéristiques. Ils ajoutent de la profondeur, de la brillance et participent à la justesse, à la projection et au timbre de votre voix.

Intervalle : Musicalement, un intervalle est la distance entre deux notes. Voici les noms des intervalles au sein d’une octave : l’unisson, la seconde, la tierce, la quarte, la quinte, la sixte, la septième, l’octave. Par exemple : Do – Sol est une quinte, car je décompte cinq notes : do, ré, mi, fa et sol. Sol – mi est une sixte, car je décompte six notes : Sol, la, si, do, re, mi.

Joie ancestrale : la joie que l’on réveille en chantant, en dansant, en faisant du tambour. C’est la joie d’être vivant, d’être humain, de partager, de se sentir intensément lié aux autres et à la nature. C’est la force vive qu’on sent quand on chante en étant connecté. Ce n’est pas en lien avec nos propres émotions, ni avec les émotions de la musique qu’on est en train de chanter… c’est plus grand que nous et plus ancien. C’est la réminiscence de la joie brute d’être en vie avec des gens qu’on aime, autour d’un feu, avec de la musique et de quoi survivre.

Juge intérieur : C’est la petite voix intérieure qui nous critique. Quand l’auto-critique est trop puissante, cela peut créer des sentiments d’auto-dépréciation et d’insatisfaction qui vont ralentir l’apprentissage, voire bloquer les progrès, faisant ainsi une auto-prophétie : « je n’y arrive pas, je suis nulle, c’est moche » le blocage est en train de se nouer, et quand on est bien bloqué, on se sent d’autant plus nul, validant ainsi le premier jugement. Il est donc très difficile de s’en dépêtrer. Apprendre à reconnaître et gérer le juge intérieur fait partie du développement personnel mais devrait aussi faire partie de l’enseignement du chant ! Les phrases qui reviennent sont souvent des phrases entendues dans l’enfance, du type : « tais-toi, tu chantes faux » « tu ne chantes pas aussi bien que … » « il va pleuvoir », « tu chantes comme une casserole » « tu nous casses les oreilles » , « chante moins fort » etc … Ces phrases se transforment en fausses croyances qui finissent par saboter l’apprentissage. Mon travail de professeur de chant est d’étouffer ce vilain juge intérieur ou alors de le rendre inoffensif !

Kenko : Technique de chant ancestral des Andes, contenu principalement dans le canto con caja. C’est une façon d’ornementer le chant en passant très vite de la voix de poitrine à la voix de tête. Ce type d’ornement ressemble à d’autres styles vocaux et peut se retrouver dans des chants chamaniques, celtiques, géorgiens, africain ou encore dans le fameux yodel.

Ki :Le « ki », terme japonais, également appelé « chi » en chinois, est un concept présent dans plusieurs traditions asiatiques, telles que le taoïsme, le bouddhisme et les arts martiaux. Il se réfère à une énergie vitale ou force vitale qui anime les êtres vivants et circule à travers le corps. Dans les arts martiaux, le développement et la maîtrise du ki sont souvent associés à des techniques de respiration, de méditation et de mouvement pour accroître la force, la concentration et l’équilibre. On peut apprendre à le développer en pratiquant l’aikido ou le kyudo, mais de nombreuses disciplines permettent de travailler le ki sans passer par les arts martiaux, c’est le cas de la calligraphie ou de l’art de l’Ikebana. Pour le travail vocal, il est intéressant d’avoir conscience de notre énergie vitale, ça permet de développer la voix plus efficacement et rapidement.

Legato : Terme musical italien qui veut dire « lié ». Cela désigne la capacité à lier les notes les unes aux autres de manière souple et homogène, pour que la voix ne soit pas saccadée. C’est un travail à la fois de gestion de la respiration et de l’énergie vitale. Le legato est en place quand l’énergie circule au centre de la voix. Un mauvais traitement du legato peut mener à chanter en faisant des glissendos (catastrophe!) voire pire : du dégueulando (terme non officiel mais pourtant souvent utilisé en répétition!)

Moïto : (et non pas du Mojito) C’est une façon de chanter très douce, dans la résonance de tête. On s’en sert pour faire des effets vocaux mais pas dans tous les styles vocaux. C’est plutôt un effet romantique dont certains choeurs abusent ! Personne ne sait d’où vient ce terme étrange, c’est du jargon de choriste.

Modes : Façon d’organiser les échelles de sons. On utilise les modes en musique médiévale, dans certaines musiques du monde et en jazz. Dans la musique ancienne il y a huit modes : Dorien authente et plagal, phrygien authente et plagal, lydien authente et plagal, myxolydien authente et plagal. Malgré ces noms barbares, ce n’est pas si difficile de les apprivoiser et nous travaillons beaucoup dessus en atelier de chant grégorien. Il est important de les comprendre et de s’en imprégner pour interpréter la musique modale.

Monophonie : Quand on chante un chant à l’unisson. Par exemple, un chant grégorien, un chant médiéval de troubadour ou de trouvère.

Neumes : C’est le nom des notes dans le cadre du chant grégorien. Les écritures musicales les plus anciennes étaient des neumes en cursive, qui sont devenue par la suite des notes carrées qui sont encore utilisées aujourd’hui. Ces notes peuvent se combiner entre elles pour donner de jolies formes avec des noms incroyables : vous reprendrez bien un petit torculus resupinus ou un porrectus flexus ? Les noms m’amusent beaucoup, mais je vous rassure, il n’est pas besoin de les connaître pour savoir les chanter !

Ornementation : Dans beaucoup de style musicaux, on attend que le chanteur embellisse son chant en rajoutant ou en changeant des notes, et qu’il ne fasse pas simplement ce qui est écrit sur la partition. Les différentes façons d’ornementer vont être définies par le style musical, le pays et l’époque : on n’ornemente pas de la même façon un chant de la renaissance (dans lequel on aura souvent à faire des diminutions plutôt que des ornementation!) ou un chant baroque italien. Il y a aussi beaucoup d’ornementation possibles dans les chants traditionnels, le jazz, le gospel, mais aussi dans les chants plus modernes, comme les runs et les riffs dans le RnB. Peu importe votre style, ornementer, c’est le kiff ! (et le meilleur moyen de laisser libre court à votre créativité!)

Ouverture : En chantant, on parle de l’ouverture du corps, c’est à dire le fait que la cage thoracique doit rester grande et large pendant toute l’émission sonore, même quand on a presque plus d’air !! Cela donne de la puissance à la voix et aussi une belle impression de liberté.

Ouverture du cœur : Pour que la voix fasse vibrer le public, la clef est dans l’ouverture authentique du cœur. Ça se travaille et ça s’exerce, comme le reste. Mais ne vous inquiétez pas, tout ce qui peut s’ouvrir peut aussi se fermer ! N’oubliez pas de reprotéger un petit peu votre cœur après avoir chanté, surtout s’il faut aller faire des courses dans un grand magasin, prendre le métro ou affronter des personnes toxiques !

Périnée : Nous parlons en réalité 9 muscles qui tapissent le bassin et qui servent à retenir vos organes dans le corps. Très utile, à la base … Mais dans le chant, il est important d’engager le périnée dans toutes les étapes de l’émission sonore : respiration, appui, soutien. Cela va jouer sur votre sentiment d’ancrage pendant votre chant, ça va donner du moelleux et du velours à la voix, et ça va vous permettre de connecter votre voix à vos émotions profondes. Hyper important, donc !

Pokerface :La « pokerface » décrit à l’origine une expression faciale neutre ou impassible, afin de cacher ses émotions au moment de « bluffer » lors d’une partie de poker, d’où l’origine de l’expression. Le rapport avec le chant ? C’est sur scène que ça se passe ! Quand un chanteur commente sa prestation vocale, sans s’en rendre compte, en temps réel, avec son langage corporel, cela vient perturber l’expérience de l’auditeur qui n’a pas besoin de savoir qu’on doute / qu’on a peur / qu’on s’est trompé… Le public se laisse emporter par l’histoire qu’on lui raconte et ne dois pas être amené à comprendre qu’on galère ou qu’on fait des efforts. Je recommande souvent à mes choristes de se tromper avec panache ! Se tromper, ce n’est pas grave, c’est de l’art vivant, ça arrive à tout le monde même aux pros ! Par contre, avec une belle pokerface, on peut se tromper, douter, réfléchir, sans que le public s’en doute. Vos auditeurs n’ont pas besoin de didascalies !

Polyphonie : Plusieurs voix chantant en même temps mais pas sur la même mélodie. On peut avoir une polyphonie à deux voix, trois, très souvent à 4 voix (comme dans les chorales) mais on peut avoir plus de voix : 5, 7, 12, 36, 42… jusqu’à 63 voix ! C’est quand même rare. La polyphonie géorgienne est basée sur du 3 voix, comme souvent les chants corses. Une polyphonie en homorythmie, ça veut dire que tout le monde a le même rythme mais pas les mêmes notes.

 

Projection : l’art d’envoyer sa voix loin de la scène pour englober tout le public. Ce n’est pas quelque chose qu’on doit travailler en début de travail vocal, il faut déjà avoir de bonnes bases de soutien, appui, etc… sinon le risque serait de pousser sur la voix et de se faire mal inutilement.

Proprioception : C’est notre sixième sens, celui qui nous permet de nous situer dans l’espace, de sentir la position de nos membres, c’est une conscience du corps. Développer sa proprioception est très important quand on apprend à chanter, parce qu’au plus on a conscience de son corps, au plus on affine les sensations et au plus on peut contrôler ce qu’il se passe à l’intérieur pour optimiser le geste vocal.

Rayonnement : Art de rayonner quand on chante : faire sortir ses émotions, partager ses émotions positives avec l’attitude du corps, la posture, l’énergie qui se libère avec la voix, le regard présent, confiant et ouvert, et surtout le cœur ouvert. Le rayonnement se travaille dès les premiers cours de chant pour s’habituer dès le départ et construire une technique vocale connectée aux sentiments.

Scan vibratoire : Technique que j’ai développée pour travailler la relaxation du chanteur et son sentiment de proprioception. Je le propose souvent en stage et l’élève peut le refaire chez lui autant de fois que nécessaire.

Singing formant : Je ne sais pas qui a inventé ce terme (fort moche, d’ailleurs!) mais il est utile pour désigner le pic d’intensité harmonique pour un son donné. C’est à dire que si vous chantez sur votre singing formant, c’est là que votre voix va être la plus brillante. Vous pouvez travailler à l’aide d’un spectrogramme ou bien avec quelqu’un à l’oreille formée (votre prof de chant) qui va vous guider pour trouver la place optimale.

Soutien : énergie terre-ciel qui vient nourrir votre son en engageant les abdos, les flancs, le bas du dos et le périnée, c’est à dire ce qu’on appelle le chaudron en médecine chinoise. Pour développer son soutien, il y a donc deux axes à travailler : la musculature et l’énergie du corps. On ne peut pas bien chanter sans soutien, ou alors on ne chante pas très longtemps. En musique actuelle ils appellent ça le belting, même si la définition peut différer.

Sprezzatura : noble négligence, c’est à dire l’art délicat de ne pas montrer qu’on est en train de souffrir, de réfléchir ou de galérer en chantant, mais qu’on fait simplement jaillir sa voix de manière naturelle, comme si tout était facile ! (C’est la première étape à la pokerface !)

Technique vocale : ensemble des gestes vocaux qu’on apprend pour avoir une voix saine, tonique, belle, puissante et agile. L’enseignement passe par des explications et des exercices qui sont souvent sous la forme de vocalises. Il y a plusieurs écoles de technique vocale, lyrique, jazz ou moderne. La plus connue vient du bel canto italien et a fait ses preuves depuis des siècles.

Tessiture : C’est votre type de voix qui peut se diviser en 4 : soprano, alto, ténor, basse, mais qui a une multitude de subdivisions dont les différences ne sont pas toujours très claires mais sont souvent liées à un style musical : mezzo, contre-alto, contre-ténor, haute-contre, sopraniste, baryton, basse profonde, basse abyssale. A cela vient s’ajouter pour les voix des chanteurs professionnels différents adjectifs : colorature, léger, spinto, lyrique, baryton-martin, dramatique, wagnérien … Il y a aussi des termes qui n’existent pas : rien ne sert d’affirmer que vous êtes contre-baryton ou contre-ténor lyrique !:)

Timbre : C’est la couleur de votre voix, ce qui fait qu’elle est unique et qu’on peut la reconnaître entre toutes ! On pourrait dire que c’est l’empreinte de la voix, qui marque l’identité. Ce terme peut être utilisé aussi pour les instruments. Le timbre va être embelli en travaillant la technique vocale, mais il ne pourra pas être changé, en tout cas ce n’est pas souhaitable (sauf en cas de transidentité)

Pour décrire le timbre, on utilise tout un tas d’adjectifs comme : clair, léger, sombre, velouté, brillant, sourd, métallique, miroitant etc …

Timbrer la voix : essayer de donner plus de brillant et de définition à la voix grâce à différents gestes vocaux et visualisation. On dit aussi que la voix est bien timbrée quand on entend pas d’air fuiter : ça veut dire que tout l’air est utilisé à fabriquer du son.

Tuiler : action de chanter à deux ou plus en se donnant le relais : quand une personne attaque le son, l’autre va cesser de faire du son de manière à ce qu’on entende pas de trou dans le son. On utilise beaucoup le tuilage quand on chante un bourdon à plusieurs.

Trille : c’est un ornement baroque extrêmement fréquent qui s’attaque sur la note supérieure. Il faut beaucoup s’entraîner pour avoir assez d’aisance et de légèreté dans la voix pour faire un beau trille. On peut faire varier sa longueur et le nombre de battements, mais le motif musical est toujours le même. Il est parfois noté sur les partitions anciennes avec une croix au dessus de la note (+ ) ou bien les lettres « tr ».

Ut : ancien mot pour désigner la note do. On s’en sert encore pour la clef d’ut (pour le chant grégorien par exemple) ou quand on parle d’un intrument en ut, ou bien pour parler du contre-ut, c’est à dire le do au-dessus de la portée des sopranos, (qui fait bien galérer parfois !)

Vibrato :Le vibrato est une technique utilisée par les chanteurs pour ajouter de la couleur et de l’expressivité à leur voix. Il se caractérise par une oscillation régulière et contrôlée de la hauteur tonale d’une note, créant ainsi un effet ondulant distinctif. Ce phénomène est généralement produit par une alternance rapide entre une légère augmentation et une légère diminution de la tension des muscles laryngés, ce qui modifie la hauteur de la note tout en maintenant sa stabilité globale. Le vibrato peut varier en vitesse, en amplitude et en style selon le genre musical et les préférences du chanteur. Il est souvent considéré comme un signe de maîtrise vocale et est largement utilisé dans divers genres musicaux, notamment l’opéra, le jazz, le blues, le gospel, parfois en variété.

Dans d’autres styles il peut être non souhaité voire gênant : dans la polyphonie renaissance, le chant grégorien, parfois en chant baroque, mais ça dépend des goûts ! Il y a autant de vibratos que de chanteurs, mais on considère qu’une technique saine permet de le maîtriser, pour le faire démarrer et arrêter quand on veut. Un vibrato non maîtrisé peut être problématique pour la qualité vocale et la santé des cordes vocales. Je conseille de ne pas essayer de rajouter du vibrato trop tôt dans le processus d’apprentissage du chant, ça doit venir avec la maturité vocale, quasi naturellement.

Vocalises :Les vocalises servent d’entraînement pour la voix, comparable à une séance de musculation pour le sportif. Elles permettent de développer la souplesse, la puissance et la précision de la voix, tout en travaillant la respiration, la justesse et le contrôle vocal. Grâce aux vocalises, les chanteurs peuvent explorer et étendre leur registre vocal, améliorer leur technique et leur endurance, et préparer leur voix à interpréter des pièces musicales variées avec aisance et expressivité. Il y a les vocalises qui se transmettent de prof à élèves depuis des générations, et puis celles que le professeur peut inventer sur l’instant pour répondre à une problématique rencontrée par l’élève.

Voix mixte :La voix mixte, c’est comme un cocktail vocal parfaitement dosé : un mélange harmonieux entre la puissance de la voix de poitrine et la légèreté de la voix de tête. Pour tous les styles musicaux, il va être important de bien développer sa voix mixte pour avoir un medium riche, puissant, clair et profond à la fois. Ce n’est pas toujours facile à mettre en place et il existe des exercices spécifiques pour développer ce registre qui permet de naviguer gracieusement entre les aigus et les graves sans que votre gorge ne se transforme en montagnes russes !

Voix de poitrine :La voix de poitrine, qu’on décrit parfois comme « mécanisme lourd », c’est quand les vibrations principales de la voix sont plus fortement ressenties dans la poitrine que dans la tête. Elle est généralement produite lorsque les cordes vocales sont épaisses et détendues, permettant une résonance plus profonde et plus pleine. Cette façon de chanter, associée à des sons plus graves et plus riches, est couramment utilisée dans différents styles de musique, le jazz, le rock, le R&B, mais aussi les chants traditionnels et folkloriques, et bien entendu le chant classique.

Voix de tête : La voix de tête, également appelée mécanisme léger, fait référence à la production sonore qui se situe principalement dans la partie supérieure du registre vocal d’une personne. Contrairement à la voix de poitrine, qui résonne dans la poitrine et produit des sons plus graves, la voix de tête se caractérise par une sensation de légèreté et de liberté, avec une résonance plus concentrée dans la tête. Elle est souvent utilisée pour chanter des notes plus élevées ou pour exprimer des nuances et des émotions particulières dans la musique. La voix de tête nécessite un contrôle précis des muscles vocaux et une bonne coordination entre la respiration et la phonation pour produire des sons clairs et harmonieux dans les registres supérieurs.

Zigouigoui : J’utilise ce terme pour désigner un ornement vocal qui n’est pas écrit sur la partition mais que nous avons très envie de chanter quand même ! En général la phrase complète est : « allez, on va rajouter un petit zigouigoui à cet endroit-là ! »

 

 

Lisa Magrini – Mars 2024 petit dictionnaire des cours de chant de l'école de chant magrini

1 Commentaire

  1. Anne

    Merci Lisa pour ce glossaire où nous retrouvons ta touche personnelle, si éclairante, si efficace !

    J’aime en particulier la « Dézombification » (on en a tous besoin le lundi matin !) et le « Zigouigoui » (pourquoi retenir un désir essentiel ?).

    On devrait mettre en oeuvre le « sprezzatura » plus souvent dans nos vies ordinaires.

    J’adore l’ « Ouverture du coeur » et le « Rayonnement », qui ne vont pas l’un sans l’autre. Chanter, c’est donner !

    La « Joie ancestrale » est le maître mot de tes enseignements. Nous ne sommes pas autour d’un feu, mais tu mets la joie dans nos coeurs et la lumière dans nos yeux. A toutes celles et ceux qui pensent que l’harmonie ne peut exister en ligne, nous confirmons que la chaleur d’une voix, la spontanéité, la simplicité des mots, la bienveillance, l’évocation sont des vecteurs de partage et de bien être, même derrière un ordinateur.

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